Conférence du cardinal Philippe Barbarin (lundi 15 décembre 2016)

Économie : Liberté, égalité, fraternité.

Dans ce monde dominé par l’économie, on entend continuellement parler du taux de croissance, des parts de marché, de la première puissance économique mondiale, du G 8, du G 20… Et vous, vous m’invitez à rapprocher ces critères majeurs et parfois uniques d’évaluation de nos sociétés, des trois mots de notre devise républicaine. Exercice intéressant !

Le 30 novembre dernier, j’ai eu la joie de vivre en compagnie de mes frères évêques de Rhône-Alpes et de deux cent soixante élus de nos départements une rencontre avec le Saint Père dans la salle Clémentine, au Vatican. Dans son allocution, le Pape François parlait ainsi aux élus de notre Province : « Que les valeurs républicaines de liberté, égalité, fraternité ne soient pas seulement brandies de manière incantatoire, mais soient approfondies et comprises en référence à leur vrai fondement, qui est transcendant. »

Quel est ce « vrai fondement » ? Où et comment le trouver ? Qu’est-ce que la transcendance ? En quoi est-elle nécessaire ? Ces questions ont nourri nos échanges après cette audience mémorable. Je pensais à la phrase de Heidegger : « L’homme dépourvu de transcendance erre sans but sur la terre dévastée. » Me revenait surtout à l’esprit la lecture de l’ouvrage simple et si profond d’un membre de votre Académie, le Professeur Rémi Brague, Les ancres dans le ciel. En conclusion, citant Le Timée de Platon et Rivarol, il risque : « Pour tout homme les ancres sont dans le ciel. C’est en haut qu’il faut chercher ce qui sauve du naufrage » (1).

« Economie : liberté, égalité, fraternité », vous me pardonnerez de ne pas avoir choisi d’autre plan que celui d’écouter successivement chacun de ces quatre mots, la beauté de leur contenu, les dangers qu’ils comportent et les dérives auxquelles ils donnent lieu. L’objectif de vos travaux est justement de voir comment ils peuvent et doivent s’harmoniser, ce qui est un enjeu majeur pour le bien commun de nos sociétés. 

I.- ECONOMIE

En grec, ce mot ne signifie pas production ou acquisition de biens, mais plutôt répartition, dispensation. On le trouve dans la Bible. Evoquant la surabondance de l’amour de Dieu, saint Paul parle d’« économie du mystère » (Ep 3, 9) pour expliquer comment Dieu a dispensé son amour, comment il a décidé de partager avec les hommes ce torrent de bonté, de miséricorde.

En ce premier sens, donc, le mot économie désigne la façon dont un Etat choisit de répartir les biens dont il dispose. Ce sont ses choix budgétaires : quelle part reviendra à l’éducation, à la santé, à la défense, aux relations extérieures, aux transports, à la culture… Cela suppose un regard politique équilibré sur la vie de notre société, sur les besoins de chacun. Et le critère majeur doit être celui du bien commun. On sait l’importance du Ministère du budget et la difficulté des arbitrages à rendre. Le vote du budget au Parlement est, chaque année, un moment essentiel pour l’ensemble de la nation.

L’un des membres de votre Académie, Jean Tirole, a publié récemment un ouvrage magistral dans ce domaine, Economie du bien commun (2). Mais pour lui, comme pour tout le monde, économie prend un sens beaucoup plus large, celui du langage courant.

Chez les grecs, Aristote par exemple, l’autre volet de ce que nous appelons aujourd’hui « l’Economie », à savoir la production de richesses, la vente et l’acquisition des biens, les affaires, tout cet ensemble était rendu par le mot « chrématistique ». Il évoque tout ce qui est nécessaire, utile et profitable, tout ce qui contribuera à la prospérité d’un pays. Produire des richesses est une mission très honorable. On peut féliciter celui qui réussit ce qu’il entreprend. J’aime entendre les Juifs adresser des vœux à celui qui se lance dans une belle aventure professionnelle, si importante pour le bien-être de tous. Je ne sais pas si les catholiques savent dire de la même manière : « Je vous souhaite plein de succès dans vos entreprises. »

Entreprendre est un mot magnifique. On y entend le fait de prendre à pleines mains, à bras le corps, un projet audacieux. On sent l’intelligence, l’audace et l’énergie qu’il faut pour concevoir un projet, pour convaincre des partenaires et des collaborateurs de s’y associer, et pour le mener à bien. Dans l’encyclique Centesimus annus, Jean-Paul II fait l’éloge de l’entrepreneur, de sa capacité d’initiative ; il évoque les risques personnels qu’il prend souvent pour le bien d’autrui et de la société en offrant de nouveaux emplois. Cette encyclique marque une étape importante dans l’enseignement social de l’Eglise. Elle s’appuie sur celle du Pape Léon XIII, Rerum novarum, publiée en 1891. Oui, des res novae étaient apparues au XIXème siècle, avec l’essor de l’ère industrielle. Des questions nouvelles se posaient à propos de la condition ouvrière, et elles méritaient que l’Eglise les éclaire à partir de la Révélation chrétienne.

Comme la situation économique évolue sans cesse – que l’on pense, par exemple, à la crise bancaire de 2007-2008 qui a remis en cause tout l’équilibre de l’économie mondiale -, de nouvelles questions se posent régulièrement. C’est ainsi que les papes ont publié des encycliques ou d’autres textes majeurs pour préciser certains points de la doctrine sociale de l’Eglise, en fonction de l’évolution de l’économie mondiale (3).

Dans l’encyclique du Centenaire, Jean-Paul II demande que l’on garantisse la liberté d’entreprendre et refuse que l’on diabolise a priori la croissance économique. Au paragraphe 35, il écrit : « L’Eglise reconnaît le rôle pertinent du profit comme indicateur du bon fonctionnement de l’entreprise. Cela signifie que les facteurs productifs ont été dûment utilisés et les besoins humains convenablement satisfaits. » « Cependant, poursuit-il, le profit n’est pas le seul indicateur de l’état de l’entreprise. Il se peut que les comptes soient bons et qu’en même temps les hommes qui constituent le patrimoine le plus précieux de l’entreprise soient humiliés et offensés dans leur dignité.»

Plus loin, au paragraphe 42, il constate qu’après l’échec du communisme, le capitalisme triomphe. Mais il ne veut pas s’en tenir à cet argument simpliste. Oui, on peut « reconnaître le rôle positif de l’entreprise, du marché, de la propriété privée et de la responsabilité qu’elle implique, de la libre créativité humaine dans le secteur économique ». Dans ce texte, il déclare préférer les expressions « économie d’entreprise », « économie de marché » ou « économie libre » au mot capitalisme, qui semble tout centrer sur le capital. Mais le Pape signale aussi qu’à défaut d’un encadrement juridique ferme qui mette la liberté d’entreprendre « au service de la liberté humaine intégrale », la porte est ouverte à tous les dangers…

II.- LIBERTÉ

Certains affirment que les « racines chrétiennes », son anthropologie expliquent le développement de l’économie moderne et du capitalisme dans les pays occidentaux, dès le Moyen-Age et la Renaissance. D’aucuns insistent même sur le rôle spécifique du catholicisme, nuançant ainsi la thèse classique de Max Weber qui voyait en l’éthique protestante le terreau ayant permis la croissance du capitalisme. Je pense ici aux travaux de Pierre de Lauzun, comme Christianisme et croissance économique (4).

1- Qu’est-ce que la liberté ?

Mais commençons par donner quelques éléments de réponse à cette question fondamentale, et à quelques autres immédiatement connexes : Quelles sont les conditions de la liberté ? Comment devenir vraiment libre soi-même ? Comment donner à un enfant, à un jeune toutes ses chances pour devenir un homme ou une femme libre ?

Est libre celui que l’on sent en pleine possession de ses moyens, qui ne craint pas de se lancer dans une aventure audacieuse, après avoir réfléchi et mûri son projet. On fait confiance à quelqu’un que l’on sent libre, parce que c’est « un homme de parole » ou une personne intègre. Alentour, on sait cela, on le sent. On fait attention à celui que l’on choisit comme trésorier dans une association. Parfois, on entend dire : « Si c’est lui qui t’a dit cela, tu peux être tranquille : c’est vrai (ou il le fera…) » ou au contraire : « Ah oui ! il t’a dit cela, mais hier, il disait le contraire et demain ce sera encore autre chose… Il ment comme il respire. »

Je voudrais m’arrêter un moment sur ce que l’on appelle les commandements dans la Torah, mot qui désigne une « instruction » donnée à l’homme sur le mystère de sa vie, avant d’être une « loi ». La loi et les commandements ont tôt fait d’être abaissés au niveau des règlements, alors qu’il s’agit plutôt de « paroles de vie ». Je les perçois comme des indications, des repères majeurs donnés à l’homme pour garantir sa dignité et sa liberté. Il me semble essentiel de voir que ces « dix paroles de vie » sont dans l’ordre. Les trois premières mettent « les ancres dans le ciel ». Mon père nous disait toujours – c’est un peu moins poétique que l’image des ancres ! – : « Il faut pendre les casseroles par en haut… ». Les suivantes indiquent les impasses en abordant chacun des domaines majeurs. D’abord la vie,  bien sûr : « Tu ne tueras pas.» Jésus nous invite à aller en amont, à discerner la violence qui vient, qui monte du fond de nos cœurs : « Si tu dis à ton frère crétin,… renégat » (Mt 5, 22). Puis, dans la vie, tout le monde sait que l’essentiel, c’est l’amour. Il est à la fois merveilleux et fragile. C’est trop facile et souvent irréparable de le briser : « Tu ne commettras pas l’adultère.» Ensuite, viennent les biens dont on peut dire qu’ils font corps avec nous. Parfois, j’ai entendu des personnes, cambriolées en pleine nuit, dire qu’elles avaient eu l’impression d’avoir été violées : « Tu ne voleras pas. » Puis la qualité de notre relation aux autres est conditionnée par la parole : « Tu ne mentiras pas. » Sinon, tout le monde se méfiera de toi dès que tu ouvriras la bouche.

A vrai dire, l’une des dernières consignes que Jésus laisse à ses disciples pour garantir leur liberté, c’est la méfiance… mais d’eux-mêmes. « Méfiez-vous, de peur que votre cœur ne s’alourdisse. » De telles paroles nous préparent à l’ultime rendez-vous : « Afin d’avoir la force (…) de vous tenir debout devant le Fils de l’homme » (Lc 21, 34-36). Elles correspondent aux deux derniers commandements (« Tu ne convoiteras pas… ») qui nous rappellent que souvent notre cœur est biaisé, malade, rongé par la jalousie.

2- Illusions ou perversions de la liberté.

Ces dérives sont bien mises en lumière dans l’Evangile. La parabole de l’enfant prodigue dénonce cette illusion de liberté imaginée par un jeune qui réclame à son père la part de ses biens pour quitter la maison et trouver enfin la liberté ! L’histoire de la chèvre de M. Seguin (qu’on me pardonne de la mettre en parallèle avec la Parole de Dieu !) n’avait guère pour but que de faire peur aux jeunes filles en les avertissant que de méchants loups les attendaient si elles quittaient la maison en cachette. La parabole montre qu’il est difficile d’être vraiment libre. Le fils prodigue, décidé à prendre sa liberté, entre dans un esclavage imprévu, et le fils aîné travailleur, apparemment docile et fidèle, n’a pas trouvé le chemin de sa liberté intérieure. Qu’est-ce donc que cette prétendue liberté qui aboutit finalement à l’esclavage, la dégradation complète d’un être ou même à sa mort ? Une certaine liberté économique peut aussi avoir des effets ravageurs sur l’équilibre social.

Il ne suffit certes pas d’invoquer le principe de la liberté, comme on répète un slogan, pour se garder des dérives et des perversions auxquelles il peut donner lieu. Liberté d’entreprendre, oui, mais parfois la montée tragique de l’ego d’un grand patron ou d’un homme de pouvoir peut avoir des effets ravageurs sur autrui, comme l’hybris d’un homme politique peut blesser un peuple tout entier quand, par exemple, le roi se prend pour le soleil.

Les avertissements de Jésus sur les méfaits dont l’argent peut devenir la source sont nombreux. J’en relèverai deux, aux chapitres 12 et 16 de l’Evangile selon saint Luc. Quand l’argent devient la préoccupation principale, quand il devient le centre de nos vies, il risque de nous rendre fous. On connaît ce passage où un homme pensait avoir bien réfléchi et pris de bonnes dispositions pour la conservation de ses biens. Il se croyait à l’abri de tout souci et se disait à lui-même : « Repose-toi, mange, bois, fais la fête… », alors qu’il avait perdu de vue l’essentiel : « Insensé, cette nuit même, on va te demander ton âme… » (Lc 12, 19-20). L’argent peut aussi rendre aveugle. Le pauvre Lazare vivait près du portail d’un homme riche dont l’Evangile ne précise pas le nom. Rien ne nous dit que ce riche était malhonnête. Simplement, il « se revêtait de pourpre et de lin fin, et faisait chaque jour brillante chère ». On comprend sans difficulté que, tellement pris par ses affaires, il n’avait même pas vu le pauvre gisant à sa porte, tout couvert d’ulcères (Lc 16, 19-31) !

J’aimerais regarder de près devant vous le verset célèbre dans lequel Jésus souligne : «Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent » (Mt 6, 24). Il ne s’agit pas d’un simple parallèle où il faudrait choisir d’aimer l’un ou l’autre. Les mots et leur ordre sont précis. « L’un » désigne Dieu et « l’autre » l’argent. Et voilà comment j’interprète ce verset : celui qui aime l’argent finit par haïr Dieu, tandis que celui qui est vraiment « attaché » à Dieu laisse l’argent à sa juste place. Un cadre d’une grande banque française me racontait, un jour, qu’à la fin d’une concertation en équipe sur une affaire qui avait fait perdre beaucoup d’argent à la banque, il avait dit : « Bon, ce n’était que de l’argent ! ». Parole déplacée dans un temple de l’argent ? Un de ses collaborateurs lui avait aussitôt demandé : « Que voulez-vous dire, Monsieur le Directeur ? » Et sa réponse fut : « Vous voulez savoir ce que je veux dire ? Eh bien, c’est simple ! Je veux dire que perdre autant d’argent, cela me fait moins d’effet que si l’on venait m’annoncer qu’on avait trouvé un cancer à ma fille de 15 ans ! »

3- Apporter un discernement sur économie et liberté.

Jean-Paul II parle de « perversion de la liberté lorsqu’elle devient un absolu ». Dans Centesimus Annus, 41, il avertit : « L’expérience historique de l’Occident, de son côté, montre que, même si l’analyse marxiste de l’aliénation et ses fondements sont faux, l’aliénation avec la perte du sens authentique de l’existence est également une réalité dans les sociétés occidentales. » Au paragraphe suivant déjà cité (42), il s’interroge sur la nature de notre système économique :

« Peut-on dire que, après l’échec du communisme, le capitalisme est le système social qui l’emporte et que c’est vers lui que s’orientent les efforts des pays qui cherchent à reconstruire leur économie et leur société ? Est-ce ce modèle qu’il faut proposer aux pays du Tiers-Monde qui cherchent la voie du vrai progrès de leur économie et de leur société civile?

La réponse est évidemment complexe. Si, sous le nom de ‘’capitalisme’’, on désigne un système économique qui reconnaît le rôle fondamental et positif de l’entreprise, du marché, de la propriété privée et de la responsabilité qu’elle implique dans les moyens de production, de la libre créativité humaine dans le secteur économique, la réponse est sûrement positive, même s’il serait peut-être plus approprié de parler d’ ‘’ économie d’entreprise’’, ou d’ ‘’économie de marché’’, ou simplement d’ ‘’économie libre’’. Mais si par ‘’capitalisme’’, on entend un système où la liberté dans le domaine économique n’est pas encadrée par un contexte juridique ferme qui la met au service de la liberté humaine intégrale et la considère comme une dimension particulière de cette dernière, dont l’axe est d’ordre éthique et religieux, alors la réponse est nettement négative. »

Pour les professionnels de l’économie, cela se traduit par la question de la régulation ou réglementation. C’est un thème prépondérant dans les activités financières qui, depuis la crise de 2007, connaissent une prolifération de réglementations. On en est au point où on peut se demander si cet arsenal réglementaire ne devient pas contre-productif. Les Papes Benoit XVI et François font référence au besoin de réglementation et d’encadrement des marchés chaque fois qu’ils parlent des dérives ou des mirages de la finance. Il faut réguler et encadrer en vue du bien commun l’activité financière et économique, ne pas la laisser réagir aux simples dynamiques spontanées du marché. C’est un sujet peu conflictuel, tout le monde s’accorde à dire qu’il faut une réglementation et, de fait, les activités bancaires sont aujourd’hui parmi les plus régulées au monde. Ensuite, il faut garder le bon équilibre avec la responsabilité personnelle et la liberté d’entreprendre …

Pour conclure ce paragraphe sur la liberté, que l’on me pardonne de citer encore Jean-Paul II dans la même encyclique, au paragraphe 32 : « L’économie moderne de l’entreprise comporte des aspects positifs dont la source est la liberté de la personne qui s’exprime dans le domaine économique comme en beaucoup d’autres. En effet, l’économie est un secteur parmi les multiples formes de l’activité humaine, et dans ce secteur, comme en tout autre, le droit à la liberté existe, de même que le devoir d’en faire un usage responsable. » 

III.- ÉGALITÉ

Dans une audience que le Pape François vient d’accorder, le 3 décembre, à quatre cents patrons réunis par les magazines américains Fortune et Time, il a demandé un « nouveau pacte social » et fondé son propos sur la notion d’égalité. Parlant de ce « monde marqué par l’inégalité, la guerre et la pauvreté », il a appelé de ses vœux un « modèle économique plus juste et plus inclusif ». Il s’agit donc de faire en sorte que les différences entre les personnes, entre leurs biens, leurs ressources paraissent justes et n’empêchent pas une entreprise ou un pays de former une communauté.

La question sous-jacente, et fort ancienne, est celle de l’équilibre paradoxal, difficile entre « la propriété privée et la destination universelle ». C’est le titre même du chapitre 4 de l’encyclique Centesimus Annus. Il me semble que la doctrine de l’Eglise dans ce domaine est souple. Elle ne donne pas de solution toute faite, mais plutôt une dynamique… Je renvoie au paragraphe 35, déjà cité, où il est question du « rôle pertinent du profit comme indicateur… », et aussi et surtout de l’entreprise vue comme « communauté de personnes », thème sur lequel je reviendrai en parlant de la fraternité. C’est cette idée qui va servir de fondement à toutes les prises de position en ce domaine. Egalité ne veut pas dire égalitarisme, mais sous-entend un ensemble où chacun est traité de manière à lui permettre d’être heureux d’appartenir à cet ensemble.

En ce domaine, la question emblématique est celle du salaire juste. Plusieurs fois, à Lyon, dans nos « Entretiens de Valpré », il en a été question. Il y a quelques années, j’avais été invité à prendre la parole en premier dans une table ronde à laquelle participaient M. Alain Mérieux et le directeur général d’une ONG. Mettant à part les prêtres qui ont un statut spécial, j’avais dit que dans notre diocèse l’écart des salaires était de 1 à 4. Le responsable de l’ONG avait parlé, lui, d’un écart de 1 à 10, et Alain Mérieux avait expliqué qu’il avait accepté des écarts beaucoup plus considérables en embauchant des personnalités d’exception dont la présence et l’action lui semblaient nécessaires pour le bien de l’entreprise et pour lui permettre de continuer à aller de l’avant …

Pour les chefs d’entreprise que j’ai consultés, un écart allant jusqu’à 20 ou 30 est tolérable. J’ai entendu sur leurs lèvres, quand ils parlaient de leur entreprise, l’adjectif « juste » aller de pair avec « stimulant ». Parfois, cependant, nous dit-on, cet écart atteint la proportion de 1 à 200 dans d’autres pays. Un chef d’entreprise m’expliquait que le premier dont il se méfiait, c’était … lui-même et qu’il avait commencé par fixer son salaire et les possibilités de son augmentation, au su de tout le monde. Dans l’entreprise, cet indice est important pour l’équilibre général, et les dirigeants doivent le regarder attentivement, le vérifier, et même communiquer à son sujet, pour que le sujet ne soit pas tabou.

Pour ne pas dévier vers l’idéologie, il faut aussi dénoncer les illusions de l’égalitarisme. L’expérience et l’histoire nous ont montré qu’un combat acharné pour l’égalité peut anéantir la liberté et conduire à des systèmes totalitaires qui aboutissent à un effondrement de l’économie.

Le scandale de la croissance des inégalités

Les dérives de la liberté, le non encadrement de la finance… peuvent mener à un monde profondément inégalitaire. Depuis trente ans, les inégalités se sont accrues dans nos pays. Christine Lagarde cite en particulier la Russie, l’Allemagne ou la Chine, pays où les écarts se creusent et les inégalités se sont décuplées. Mais en même temps, l’ONU affirme qu’un milliard d’individus sont sortis du seuil de pauvreté, notamment grâce à la mondialisation qui s’est traduite par le transfert d’une partie des emplois des pays développés vers les pays émergents. Ces deux réalités coexistent. C’est ce qui rend toute prise de position difficile, car soit on sombre dans la caricature d’un côté ou de l’autre, soit on dilue toute incitation au changement dans un équilibre conservateur.

Dans ce domaine des inégalités, j’ai eu, cet été, une conversation étonnante avec l’archevêque de Budapest, le cardinal Erdö, lors des JMJ à Cracovie. Selon lui, on ne peut plus parler de « communauté européenne ». C’est plutôt une colonisation à laquelle on assiste, quand l’écart dans le salaire minimum entre l’Europe de l’Ouest et celle de l’Est est de 1 à 5. On lit aussi cette colère sous la plume de Marcel Gauchet lorsqu’il écrit : « L’Allemagne a imposé son modèle à la zone euro, elle peut se permettre de le ‘’dégermaniser’’, ce qui voudrait dire l’imposer un peu plus aux autres ! »

Parler de l’entreprise comme d’une « communauté de personnes », de la « communauté européenne » ou de la « communauté nationale », c’est, dit encore Marcel Gauchet,  « tenir un langage patriotique et politique au lieu de se contenter du langage technique de l’économie, oser s’en remettre à l’efficacité libérale pour dégager les moyens de la redistribution » (5).

IV- FRATERNITÉ

En abordant ce dernier mot de notre devise nationale, je voudrais en rappeler l’enracinement et la richesse bibliques. Si les hommes sont frères, c’est d’abord parce qu’ils ont le même Père. Dès le Nouveau Testament, adelphotès est le premier nom de l’Eglise : elle est fraternité (6). On nous exhorte à l’amour-amitié des frères, une philadelphia associée dans l’épitre aux Hébreux (13, 1-2), et à la philoxenia qu’on traduit toujours par hospitalité (7), mais qui veut dire amour-amitié pour l’étranger. Il est particulièrement intéressant, dans le contexte où nous vivons, de noter, et c’est un thème récurrent dans la Bible, que la fraternité ouvre obligatoirement sur l’accueil de l’étranger.

Autour de cette notion de Fraternité, je voudrais évoquer plusieurs thèmes.

1- D’abord celui de l’articulation entre économie et politique.

L’économie ne peut pas être autonome, la politique (ou la foi) doit lui donner sens. L’ordonnancement de l’économie au service du Bien Commun et du développement de tout l’homme et de tout homme est un des thèmes centraux de la doctrine sociale de l’Eglise. Les intellectuels français pensent peut-être que cela va de soi. Mais l’expérience réelle de la vie d’entreprise prouve que cette tension est forte au quotidien, en particulier dans des activités mondialisées et des grands groupes soumis aux commandements des marchés financiers qui privilégient la rentabilité à court terme. La réalité, c’est que les actionnaires, en particulier les actionnaires financiers que sont les investisseurs institutionnels, n’ont qu’un seul objectif, celui de la rentabilité. Il est très difficile pour un dirigeant d’une entreprise cotée en bourse de ne pas faire passer en premier cet objectif de rentabilité financière demandée par les propriétaires de l’entreprise. C’est le grand problème du capitalisme financier moderne.

Benoît XVI avait bien résumé le problème dans son encyclique sociale Caritas in Veritate, au paragraphe 36 : « L’activité économique ne peut résoudre tous les problèmes sociaux par la simple extension de la logique marchande. Celle-là doit viser la recherche du bien commun, que la communauté politique d’abord doit aussi prendre en charge. C’est pourquoi il faut avoir présent à l’esprit que séparer l’agir économique, à qui il reviendrait seulement de produire de la richesse, de l’agir politique, à qui il reviendrait de rechercher la justice au moyen de la redistribution, est une cause de graves déséquilibres. »

C’est là que le rôle de l’Etat, pour autant qu’il vise le respect du Bien Commun, peut fixer des normes qui viendront pondérer la priorité à la rentabilité financière des actionnaires financiers.

En France, un grand système a été mis en place au lendemain de la guerre par le Général de Gaulle, reprenant des éléments mis en place antérieurement. Il est toujours à ajuster, améliorer, mais il ne faut pas le remettre en cause en bloc. Il a été organisé avec un vrai souci de fraternité, touchant à la fois les retraites, la sécurité sociale, les allocations familiales, la protection de l’emploi, du salarié….

En France, on le sait, les patrons se plaignent souvent de ce que ce système paralyse les entreprises. Mais une discussion récente avec un cadre de la finance qui travaille maintenant en Angleterre m’a éclairé. Il est scandalisé de voir qu’outre-Manche, on licencie sans aucune contrainte. C’est violent et dangereux. Notre législation paraît trop lourde, mais elle part de quelque chose qui a de la valeur, d’une intention majeure : l’attention au plus faible, la nécessité du partage, le bien de tous. Certes, ce n’est pas simple, mais tout remettre en cause serait catastrophique, conduirait à un trop grand déséquilibre social.

Dans le thème déjà évoqué de l’entreprise comme communauté de personnes, on perçoit la référence sous-jacente à la famille et à la fraternité. « Il peut arriver, écrit Jean-Paul II dans Centesimus annus (par. 35), que les hommes qui constituent le patrimoine le plus précieux de l’entreprise soient humiliés et offensés dans leur dignité. Non seulement cela est moralement inadmissible, mais cela ne peut pas ne pas entraîner par la suite des conséquences négatives, même pour l’efficacité économique de l’entreprise. En effet, le but de l’entreprise n’est pas uniquement la production du profit, mais l’existence même de l’entreprise comme communauté de personnes qui, de différentes manières, recherchent la satisfaction de leurs besoins fondamentaux et qui constituent un groupe particulier au service de la société tout entière. »

2- Ensuite, la place du don et de la gratuité.

Ce fut une surprise de trouver dans l’encyclique de Benoit XVI Caritas in Veritate un chapitre, le troisième, consacré à la place de la gratuité au cœur même de l’activité économique et des structures de marché (8). On y lit par exemple : « Le grand défi qui se présente à nous, qui ressort des problématiques du développement en cette période de mondialisation et qui est rendu encore plus pressant par la crise économique et financière, est celui de montrer, au niveau de la pensée comme des comportements, que non seulement les principes traditionnels de l’éthique sociale, tels que la transparence, l’honnêteté et la responsabilité ne peuvent être négligées ou sous-évaluées, mais aussi que dans les relations marchandes le principe de gratuité et la logique du don, comme expression de la fraternité, peuvent et doivent trouver leur place à l’intérieur de l’activité économique normale. C’est une exigence de l’homme de ce temps, mais aussi une exigence de la raison économique elle-même. C’est une exigence conjointe de la charité et de la vérité » (par. 36).

Sur ce thème, je me rappelle aussi une intervention mémorable de M. Mérieux (qu’il me pardonne s’il vient à avoir connaissance de mes propos !), un jour où nous avions organisé à Lyon une rencontre sur cette encyclique, quelques mois après sa parution. Je l’entends encore nous dire : « Je n’ai pas lu l’encyclique, mais vous m’interrogez sur la gratuité et la rentabilité dans l’entreprise. Ma grand’mère aurait dit : ‘‘Ce sont deux horloges qui ne marquent pas la même heure ! ‘’. » Puis, il nous a expliqué la proposition qu’il avait faite dans son entreprise à ceux qui le désiraient de partir à Haïti après le séisme de 2010. Cela lui a permis d’apporter sur place une aide appréciée dans laquelle il est toujours très engagé. « Non seulement, nous a-t-il dit, l’entreprise n’y a rien perdu, mais elle a vécu cet engagement gratuit comme un vrai renouvellement pour tous. » Je l’ai vu recommencer ce genre d’opération lorsque tous les chrétiens ont été chassés de Mossoul, en juillet 2014. Il a mis en œuvre beaucoup de moyens, et intéressé des personnes à ce projet : construire des logements et des écoles, et tout récemment encore une maternité. Dans cet engagement gratuit, apparemment « à perte », l’ensemble de l’entreprise gagne beaucoup humainement, socialement.

C’est un exemple qui illustre à la perfection la suite du texte de Benoit XVI : « Il est nécessaire aussi que, sur le marché, soient ouverts des espaces aux activités économiques réalisées par des sujets qui choisissent librement de conformer leur propre agir à des principes différents de ceux du seul profit, sans pour cela renoncer à produire de la valeur économique. Les nombreux types d’économie qui tirent leur origine d’initiatives religieuses et laïques démontrent que cela est concrètement possible » (par. 37).

3- L’attitude du serviteur

Soucieux du bien commun, le chef d’entreprise sera aidé dans sa mission s’il choisit d’adopter l’attitude du serviteur de tous. Son critère majeur au moment de prendre une décision sera : « Est-ce vraiment le bien de mes collaborateurs, de mes employés… de mes enfants ? » J’ajoute ici les enfants, car il y a évidemment un rapport entre le thème de la fraternité et celui de la famille. Elle conduit à avoir le souci de l’équilibre entre tous, elle est le lieu premier de la redistribution des richesses, notamment entre générations, et du don (9). Ce qui est assez facile à vivre avec la génération d’après, avec ses enfants, peut être vu aussi avec les contemporains… même s’il s’agit d’une réalité un peu éloignée des objectifs fixés par les actionnaires !

Je voudrais aussi souligner l’importance d’adopter une attitude vraiment fraternelle : attention aux malades, aux événements personnels et familiaux de ceux avec qui l’on travaille. Les exemples sont nombreux : je pense à la maman de sainte Thérèse de Lisieux, sainte Zélie Martin, qui pourrait être nommée patronne des chefs d’entreprise… et qui, le dimanche, allait visiter ses ouvrières malades. Dans ma vie sacerdotale, je me souviens d’un chef d’entreprise que je suis allé voir à l’hôpital. Il avait la réputation d’être un homme très sûr de lui, un patron dur avec son personnel. Quelle ne fut pas ma surprise de voir ses collaborateurs venir nombreux et lui parler avec une grande délicatesse ! J’étais étonné de la gratitude et de l’admiration qu’ils exprimaient à son sujet. Un de mes amis musulmans, à qui je racontais cela quelque temps plus tard, m’a dit : « Tu vois, bien que formé au Séminaire, tu es marqué, …formaté par la logique de la lutte des classes. » En fait, au moment d’un « pot de départ », des propos tout simples viennent spontanément sur les lèvres. Ils sont exprimés alors qu’on ne s’y attendait pas du tout. C’est aussi le visage de l’entreprise. On a l’impression que les gens ne voient plus les performances professionnelles, mais savent remercier un homme, une femme de son attitude fraternelle, de son attention, de son humanité qui a su toucher les proches. C’est peut-être même le seul souvenir qu’ils garderont.

Pour terminer cette approche du thème du service en vue d’une authentique fraternité, je citerais l’un de mes confrères, Mgr Castet, concluant un colloque en avril 2011 sur la place du don et de la gratuité dans l’économie selon Caritas in veritate : « Voici à quel changement de regard nous invitent la foi chrétienne et Benoit XVI : c’est le sens du service qui doit être regardé comme la clé de l’activité économique et qui doit présider à nos choix. »

CONCLUSION

En guise de conclusion plus personnelle, je voudrais souligner que, selon moi, les trois mots de la devise de la République sont dans l’ordre.

La liberté, c’est le point de départ et le cœur de la dignité humaine. Les Pères de l’Eglise se sont souvent interrogés pour savoir en quoi consistaient l’image et la ressemblance de la créature avec son Créateur. Ils ont évoqué la raison, le langage, la capacité d’aimer. Pour saint Grégoire de Nysse, ce qui fait que l’homme est à « l’image de Dieu », c’est la liberté. Certes, elle peut avoir des conséquences catastrophiques, s’autodétruire pour aboutir à de vrais esclavages, comme je l’ai évoqué tout à l’heure, mais la liberté est notre plus grande dignité.

L’exercice d’une liberté sans contrôle peut conduire à de monstrueuses inégalités, mais la réalité nous rappelle un jour ou l’autre que nous sommes tous égaux. On s’en aperçoit le jour où survient la maladie, la mort, un accident, un cataclysme… Il est sûr qu’au dernier jour, cette vérité ontologique s’imposera. Le célèbre passage du jugement dernier (Mt 25, 31-46) nous enseigne clairement qu’au dernier jour, ni l’argent, ni la carrière, ni le pouvoir ne compteront. Il ne restera que l’amour. Saint Jean de la Croix exprime en une phrase ce qu’on peut regarder comme un résumé de tout le message biblique : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour » (10).

Et il vaut mieux avoir conscience de cette vérité essentielle maintenant, dans notre rapport avec les autres. Nous devons user de notre liberté, dans la vie sociale et économique, pour travailler à ce que soit reconnue l’égale dignité de chaque personne. Il me semble que la fraternité sera le résultat, la conséquence, le fruit de cet engagement. Lorsque je rencontre des élus, par exemple, au cours de mes visites pastorales et que je les invite à un temps d’échange dans ces lieux que je découvre comme pasteur et qu’ils connaissent bien mieux que moi, je présente souvent cette conviction qui m’habite. Qu’ils agissent pour que tous leurs concitoyens puissent être libres, prendre des initiatives, faire ce qui leur plaît et les épanouit. Cela veut dire, faciliter la vie associative, la vie culturelle, sportive, artistique, organiser les écoles, les transports, donner les meilleures chances à une collectivité. Qu’ils veillent aussi attentivement à l’égalité, à ce que tous puissent avoir accès à ces moyens mis à disposition. Une réelle fraternité pourra apparaître et éclairer notre « vivre ensemble ». On le voit dans de belles initiatives prises par les habitants d’une rue, d’un quartier, d’une commune… La fraternité ne se décrète pas ; elle est le cadeau, le résultat inattendu d’un vrai travail pour la liberté de chacun et pour l’égalité de tous. Lors d’un colloque récent, j’entendais – merveilleuse surprise ! – le député-maire de Sarcelles nous expliquer que, dans sa commune, plus de 50 ou 60% des habitants vont prier chaque semaine à la mosquée, à la synagogue ou dans une église (c’est à Sarcelles que se trouve la cathédrale des Chaldéens), le vendredi, le samedi ou le dimanche. Et il ajoutait : « L’ambiance n’est pas la même dans ma commune, le lundi matin ! » Au fond de moi, je pensais que c’est bien et d’abord la relation au Père qui fonde notre fraternité humaine.

Sur un tout autre registre – qu’on me pardonne ce récit personnel – j’ai vécu une aventure où j’ai clairement ressenti que les trois mots de la devise républicaine sont effectivement dans l’ordre. En juillet 2013, alors que les jeunes de Paris, de Lyon et de quelques autres diocèses étaient réunis à Cayenne pour une semaine préparatoire aux J.M.J. de Rio, j’ai été victime d’un infarctus… très discret ( !) devant un millier de jeunes dans la Cathédrale de Cayenne alors que je leur donnais une catéchèse. Aussitôt, j’ai été merveilleusement pris en charge par mon pays : soins immédiats à l’hôpital de Cayenne, transfert quelques heures plus tard à Fort-de-France, opération d’un triple pontage le lendemain et retour trois semaines plus tard à Lyon pour un long temps de convalescence, avant de pouvoir reprendre ma mission. C’est un choix pastoral, librement consenti, qui m’avait conduit à accompagner les jeunes à Cayenne. J’étais émerveillé de voir les soins dont j’ai été l’objet. Je partageais ma chambre avec un charpentier originaire de Guadeloupe qui vivait la même mésaventure. Et l’on nous a expliqué que l’un des derniers occupants de cette chambre avait été… Johnny Halliday. Belle égalité entre tous les malades, garantie par la Santé publique dans notre pays. Ensuite, pendant la rééducation, à Marcy l’Etoile, mes compagnons étaient un charcutier, un architecte, un camionneur, un agriculteur, un intermittent du spectacle… Nous avions entre 38 et 83 ans, tous à égalité, avec un seul et même souci : faire repartir notre petit cœur ! Au fil des semaines, il était étonnant de voir les liens fraternels simples qui nous ont unis et qui, avec certains, durent encore.

Les trois mots de notre devise nationale ont bien, comme le disait le Pape, un fondement transcendant, toujours à approfondir. L’économie, dans notre pays et au-delà, a certainement tout à gagner à s’inspirer du chemin qu’ils indiquent.

Notes

(1) Rémi Brague, Les ancres dans le ciel, L’infrastructure métaphysique, Le Seuil 2011, p.131.

(2) PUF, 2016.

(3) Pour le 40è anniversaire de Rerum Novarum, le Pape Pie XI publia Quadragesimo anno (1931) et, trente ans plus tard, Jean XXIII écrivit Mater et Magistra (1961). Paul VI célébra le 80è anniversaire par son admirable Lettre apostolique au cardinal Roy en 1971, Octogesima Adveniens, et Jean-Paul II consacra un texte entier au travail, l’encyclique Laborem Exercens, en 1981.

(4) Parole et Silence, 2008. On doit aussi mentionner du même auteur : l’Evangile, le chrétien et l’argent. Finances, un regard chrétien….

(5) Marcel Gauchet présentant son ouvrage Comprendre le malheur français, Stock, 2016 dans Les Echos, Mercredi 24 août 2016, p. 9.

(6) Souvent nos Bibles traduisent par communauté le mot adelphotès qui désigne l’Eglise, cf. par exemple 1 P 5, 9  « … la fraternité répandue dans le monde… ».

(7) « Grâce à elle, quelques-uns à leur insu ont hébergé des anges » (He 13, 2).

(!) Benoit XVI, Caritas in veritate (29 juin 2009), en particulier, les paragraphes 36-38.

(9) On pourrait noter ici l’apport du livre de Jean-Didier Lecaillon, La famille, source de prospérité, éd. Régnier, 2000.

(10) En fait, le texte espagnol ne comporte pas les mots « de notre vie » : « A la tarde te examinarán en el amor.» Il fait même l’objet d’une variante : « A la tarde te examinarás en el amor », ce qui peut devenir un utile conseil pour un petit exercice spirituel quotidien : Chaque soir, tu t’examineras sur l’amour, puisqu’au soir de ta vie, tu seras examiné sur l’amour.

Cette conférence a été  organisée avec le soutien de la Compagnie de Saint-Gobain

logo SG quadri

Publicités
Conférence du cardinal Philippe Barbarin (lundi 15 décembre 2016)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s